Le 8 août 2021 Sortie Dégommage dans la Double

Nous nous retrouvons à Echourgnac, nos anciennes arrivent petit à petit, Pascal souhaite la bienvenue et donne les consignes pour cette journée afin que les règles sanitaires soient respectées et précise que nous aurons une surprise, laquelle ? 
Elles le seront dès cet instant, Pascal, face au virus a pris toutes les précautions, les viennoiseries sont  contenues dans des poches de papier kraft individuelles et distribuées à chacun, ainsi impossible de les toucher, le virus ne passera, les boissons café et jus de fruit sont également servies par Pascal, Janick et Andréa. 

Le sourire est affiché sur tous les visages,  tous ravis de se revoir après une si longue absence, ce Covid, nous aura privé de bien de plaisirs. Les langues sont bien déliées, que de choses à raconter après deux années ! 


La sortie était très attendue, la participation importante des adhérents en témoigne, nous comptons 16 anciennes, les avant-guerre ouvraient le cortège. Les villages ne sont pas nombreux dans cette Double, mais dans chaque, les habitants étaient heureux et nous faisaient des signes amicaux. 

 

Nous faisons un arrêt à Saint-Michel-Léparon, ici nous sommes dans le fief de Pascal, rien ne lui est inconnu, un petit tour dans le village et visite de l’église pour ceux qui le souhaitaient. 
 Nous repartons, direction la chapelle Saint-Martin du Bost 

Nous voici arrivés, l'origine de cette chapelle remonte au XIIIe siècle. Détruite lors des guerres de religions, reconstruite au début du XVIIème. 

 Entre 1840 et 1842, elle est de nouveau reconstruite. 

« Puis en 1930, Alexandre Biret, maire de la commune de Saint-Michel-Léparon, fait réparer la chapelle : dallage en béton, couverture, peinture, blanchissage intérieur, charpente, pour un coût de 4.750 FRANCS, puis elle a été à nouveau restaurée avec beaucoup de soins depuis peu. On ne peut que se féliciter de l’effort fait pour la conservation de ce patrimoine qui témoigne d’une histoire de près de 800 ans.
 Toujours entourée de son cimetière, elle était à l'origine l'église paroissiale St-Martin du Bost. (Texte de Maurice BIRET – JUILLET 2012). « 

Nous sommes invités à entrer et à nous assoir, un vieil abbé, tout de noir vêtu, soutenu par sa canne et une clochette à la main entre, il doit être bien vieux, il semble très fatigué, n’est-ce pas l’Abbé Camé et voici l’histoire qu’il nous conte? 

« Il remercie Mon Seigneur, Pascal Biret. Protégez moi Seigneur et pardonnez moi pour toutes les bêtises que je vais dire, 

Protégez également toutes ces personnes et les vieilles mécaniques, ainsi que leur Président Pascal Biret. 

C’est Monseigneur P. Biret qui m’a mis en place en 1765. Je fais partie des murs, du carrelage, du salpêtre et de la cloche. 

Avant 1765, j’étais en Afrique noire, je ne sortais jamais, je n’y ai jamais vu le soleil, c’est pour cela que je suis blanc, ho ! Rigoles pas. 

Là-bas, on m’appelait l’abbé CAME, oui, on ne sortait pas, mais on fumait beaucoup, autant que les vieilles voitures  .. à chevaux, heu, on fumait vraiment beaucoup, on fumait …. » 

Avez reconnu l’abbé Camé ? Il nous a fait passer un bon moment. 

Nous arrivons au CHATEAU DE LA MOLE 

L’accès se fait par une longue allée bordée d’arbres. Implanté sur une colline environnée d'étangs, il domine le vallon traversé par le ruisseau de la Petite Duche. La partie orientale de la propriété est couverte par la forêt ; une longue percée dans les bois offre toutefois, depuis la cour du corps de logis central, encadré par deux ailes une perspective sur le vallon. 

Le château du XVIIIe s. bâti en pierre de taille est élégant, il comporte encore certains vitrages anciens à l’aspect déformé de leurs surfaces du à une fabrication par soufflage à la bouche et des balustrades en ferronnerie. 

Nous avons apprécié les moments passés sur la terrasse du château qui offre une vue magnifique sur le vallon, nous y avons pris l’apéritif bénéficiant de la beauté des lieux et du soleil. Là encore, Pascal avait pris toutes les précautions, face aux règles sanitaires, une poche fermée de gâteaux apéritif avait été remise à chacun. 

Le restaurant, nous attend, nous devons reprendre la route. « Fideva » nous connaissons maintenant, la signification de ce mot, ceux qui ont visité le Portugal n’ont pas été surpris.   

Le repas terminé, nous nous dirigeons vers deux lieux, témoins de la résistance, tout d’abord : 

-       LE MEMORIAL DE LA RESISTANCE à st Etienne de Puycorbier, la vidéo nous a fourni des témoignages poignants d’anciens maquisards et déportés, tenus sous la terreur nazie, des panneaux apposés à l’extérieur retracent toutes les souffrances qu’ils ont subies de 1939 à 1945. 

Les secteurs de la Double et de Mussidan ont été très actifs du point de vue de la Résistance et le théâtre d’actes héroïques, d’arrestations, de fusillades, de la prise de maquis par les Allemands. 

« Plus qu’un devoir, se souvenir est une nécessité. » 

Puis le camp de Virole, capitale du maquis de la Double 

Le 27 juillet 1944, Forêt de la Double : 29 maquisards et 4 civils tombent dans un guet-apens ! 

« Partis au petit matin pour porter secours au maquis voisin (le groupe Paul Henri), 29 hommes du camp de Virolle seront massacrés en début d’après-midi par l’occupant nazi suite à une dénonciation. Dans un premier temps, leurs corps seront enterrés à Saint-Etienne-de- Puycorbier dans leur camp d’origine par leurs camarades maquisards, enveloppés dans un linceul fait de toile de parachute, accompagnés d’une bouteille contenant leur nom et prénom. Plus tard leurs dépouilles seront restituées à leur famille. » 

Tristes années,  tristes souvenirs, il ne faut pas oublier. 

Après avoir partagé le verre de l’amitié, nous nous quittons en espérant nous revoir bientôt. 

Merci à Janick, Pascal, pour cette superbe journée où les règles sanitaires n’ont pas été oubliées et à Alain, notre conteur. 

 

Danièle et Gérard Legrand